Pourquoi ce site, me direz-vous?
Encore une énième histoire de Police.
Eh bien non!
Les histoires que je vous conterai sont toutes réelles. Et c'est un flicard de base, un bleu, comme disent certains, qui les a vécues.
Je suis exaspéré de voir sur les écrans toujours les mêmes flics en civil, inspecteurs autrefois, lieutenants, capitaines où commandants aujourd'hui.
Comme si ceux-ci passaient leur temps sur la voie publique...
Ce sont des gars comme nous qui sont au contact de la population, qui regardent notre société évoluée.
Nos états d'âme, tout le monde s'en fout. Un flicard c'est « naze ». D'ailleurs à la télé il passe toujours pour un type un peu « neuneu ». Il ne réfléchit pas. Il est là pour emmerder tout le monde.
Belle image véhiculée et qui conforte certains dans leurs approbations.
Dans les différentes histoires contées, les noms des personnages, notamment des collègues seront modifiés. Chacun d'entre nous a généralement un surnom. Ceci pour éviter que la personne interpellée, quelle qu'elle soit, ne puisse nous importuner par la suite. On n'est jamais assez prudent!
Toute histoire a un début. Pour moi ce fut l'école de Police de Vannes. Scolarité qui durait 5 mois en 1983.
Et ce après avoir passé le concours de Gardien de la Paix.
Je me rappelle encore mon passage devant le jury d'admission. Alors que j'avais répondu à plusieurs questions du jury l'on me congédia. Je me levais de ma chaise, soulagé quand un des membres de ce jury, le psy probablement, me demanda de me rassoir et me posa la dernière question qui fut celle-ci: Avez-vous déjà exercé une autorité et si oui dans quelle condition?
Je dois avouer que je restais quelques instants, qui me parurent une éternité, dubitatif. Je me reprenais et répondais à sa question en me référant à mon sport, le basket que je pratiquais en tant que joueur mais également comme entraîneur.
Fin de la séance de « torture ».
J'étais reçu.
Joie pour moi et pour mes proches.
En mars 1983 j'arrivais à Vannes à l'Ecole Nationale de Police.
Nous étions environ 150, arrivant de différents milieux. Beaucoup d'entre nous avait le BAC.
D'autres arrivaient du secteur privé après avoir exercer d'autres métiers. Ils connaissaient déjà le milieu professionnel. Pour eux, il fallait remettre les neurones en marche. Les études étaient loin...
Notre section, car nous étions une section, avait opté pour les sports collectifs, en plus des cours assurés.
Nos instructeurs étaient au nombre de trois. Deux pour les cours théoriques et pratiques et un pour la formation sportive.
Notre avantage était que nous avions un ancien « Parisien », du 20ème arrondissement, un autre venait de la compagnie sportive de Paris. Quant au troisième, il était ancien C.R.S.
Et quel avantage. Pendant toute notre scolarité, l'on nous fera croire que l'on partira en Corps Urbains ou les Compagnies Républicaines de Sécurité( C.R.S). Il n'en fut rien. Nous nous retrouverons à Paris et région parisienne pour exercer notre « sacerdoce ».
L'ancien du 20ème nous apprendra la vie parisienne et notre futur travail. Toutes les astuces à connaître alors que nous serons plongés dans la « fosse aux lions ».
Pour ma part, cela me sera bien utile au commencement. Ensuite c'est l'ancienneté qui motivera ma façon d'exercer.
Les cinq mois passés dans cette école nous permettront d'apprendre les rudiments de notre profession. Interventions sur la voie publique, façon de procéder, rédaction des timbres amende, sur quel type d'intervention serons-nous: flag, préliminaire...
Techniques pour neutraliser un individu.
Séances de tir. Pour ceux qui avaient connu les joie du service militaire c'était une révision.
Pour les autres, notamment les femmes cela sera un autre « combat ».
Il fallait déjà qu'elles appréhendent l'arme. Qu'elles n'éprouvent aucune peur en l'utilisant.
Durant toutes ces séances nous avions constamment un rappel relatif à la légitime défense. Cette arme pouvait tuer où blesser grièvement. Seule la L.D justifiait son utilisation. Là nous n'étions plus dans une série T.V où l'on tirait d'abord et réfléchissait ensuite.
Toutes celles et ceux que j'ai cotoyés par la suite et qui utilisèrent l'arme de service seront toujours marqués, même si l'utilisation était justifiée. Ôter la vie à quelqu'un ou le blesser, quel qu'il soit, marque à jamais.
Ces séances de travail étaient ponctuées de contrôles notés.
De plus, des rallyes étaient organisés de façon à mettre en pratique ce que l'on apprenait.
Enfin, des rappels constants concernant notre façon d'être dans la vie professionnelle comme dans notre vie privée nous seront martelés.
Dans un futur proche nous nous retrouverons seul dans la Capitale à gérer des situations quelquefois ubuesques.
L'école était finie. Maintenant à nous Paris!!